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Homélies catholiques de la Martinique
les homélies d'un prêtre catholique en paroisse, ayant prêché de nombreuses retraites en foyer de charité

Homélie pour la Fête du Baptême du Seigneur 2010 C – Jésus nous unit au Père

dominicanus #Année C (2009 - 2010)

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Ce que Dieu le Père dit à Jésus après son baptême, c’est ce qu’il désire nous dire à chacun de nous : « C’est toi, mon fils ». Jésus est venu dans le monde pour appeler la bienveillance du Père sur l’humanité pécheresse, pour nous rétablir dans l’appartenance à la famille de Dieu. Plus loin dans le même chapitre de l’Evangile selon saint Luc, nous trouvons la généalogie de Jésus, qui remonte jusqu’Adam. Dans cette généalogie Adam est présenté comme « fils de Dieu », parce qu’il a été créé directement par Dieu comme premier homme. Ainsi, dès le commencement, nous avons été appelés à faire partie de la famille de Dieu. Mais notre révolte contre Dieu dans le jardin d’Eden a fait échec à cette vocation, et nous a fait perdre notre héritage. Jésus, par son obéissance d’amour, a vaincu cette révolte. Maintenant, en nous unissant à lui, nous pouvons entrer de nouveau dans la communion avec Dieu, étant réellement les enfants bien-aimés de Dieu.

Ceci est symbolisé visuellement au cours du baptême du Christ. Saint Luc nous dit que « le ciel s’ouvrit ». Cela veut dire que, dans le Christ, le ciel et la terre sont de nouveau reliés ; l’abîme du péché est surmonté. Ensuite saint Luc nous dit que « l’Esprit Saint descendit sur Jésus sous une apparence corporelle, comme une colombe ». Ce langage nous rappelle des images de l’Ancien Testament. Le Saint Esprit planant sur le chaos à l’aube de la création : la venue du Christ est une nouvelle création. La colombe qui ramena la branche d’olivier à Noé après le déluge : le baptême du Christ est un nouveau déluge qui lave le monde du péché et de la mort.


Bref, le baptême de Jésus est un condensé de sa mission : réunir chacun de nous avec notre Père céleste, maintenant et pour l’éternité. Le Christ a commencé à s’acquitter de cette mission au moment de l’incarnation. Trente ans plus tard, son ministère public commence avec le baptême, quand Dieu le Père fait pour ainsi dire une déclaration publique au sujet de ses qualifications. La fête de ce jour marque la transition du temps liturgique de Noël à celui du temps ordinaire.


Dès le baptême du Christ, le moyen principal que Dieu a choisi pour adopter les êtres humains déchus dont nous sommes dans sa famille, pour nous accueillir de nouveau dans la communion avec lui, est le sacrement du baptême. Ce sacrement, tout comme le baptême de Jésus par Jean (et qui n’est pas le sacrement du baptême !) est chargé de symbolisme qui nous montre la merveille et la puissance de l’amour sauveur de Dieu. Le symbole le plus évident est celui de l’eau, qui nous rappelle tant de miracles de l’Ancien Testament, depuis le Déluge jusqu’à la purification de Naaman, le lépreux, dans les eaux du Jourdain, en passant par la traversée de la Mer Rouge, l’eau que Moïse fait jaillir du rocher et encore la traversée du Jourdain avec Josué.


Un autre symbole est celui du parrain et de la marraine. Le fait d’avoir un parrain et/ou une marraine qui s’engagent à veiller sur notre vie chrétienne de la même manière que nos parents veillent sur notre santé physique nous rappelle la réalité de notre véritable identité d’enfants de Dieu, même si c’est identité n’est pas visible.


Ensuite, il y a le vêtement blanc, qui symbolise la purification de la tâche du péché originel.


Le cierge baptismal est une représentation visible de la vie de grâce que Dieu allume en nos âmes par le baptême, et de la fragilité de cette vie, qui peut s’éteindre par le péché mortel aussi facilement qu’en coup de vent peut éteindre un cierge. L’onction du Saint Chrème qui accompagne le baptême est également un beau symbole qui nous rappelle que, puisque nous sommes enfants de Dieu, nous sommes devenus des enfants de Roi, représentant le grand Roi et agissant en son nom dans cette terre étrangère où nous sommes de passage.


En contemplant Jésus dans le mystère de son baptême aujourd’hui, nous ne pouvons pas ne pas penser à notre propre baptême, et à la merveille de l’œuvre de Dieu en nous par ce sacrement.


En se faisant baptiser par Jean, alors qu’il n’avait pas besoin personnellement d’être purifié du péché, Jésus prend notre place, pour que nous, quand nous sommes baptisés, nous puissions prendre la place de Jésus et devenir « fils dans le Fils », comme le disait un auteur ancien.


Notons encore que le sacrement du baptême est la porte d’entrée dans la vie chrétienne. A partir du moment où nous sommes baptisés, notre mission ne consiste plus à nous poursuivre des mondanités, telles que avoir du succès aux yeux des autres, gagner beaucoup d’argent, devenir célèbre et puissants, ou profiter au maximum des plaisirs que nous offre le monde. Ce sont là des objectifs que poursuivent les païens. Mais nous qui sommes chrétiens, nous avons deux autres objectifs, et toutes nos activités doivent tendre vers la réalisation de ces deux objectifs.


D’abord la sainteté. La sainteté, c’est ce que nous, nous appelons le bonheur. Elle consiste à observer la loi morale dont Dieu a doté la nature humaine : les dix commandements et les enseignements de l’Eglise en matière de mœurs.


Et, deuxièmement, tendre vers la sainteté, cela suppose de grandir dans l’amitié avec Jésus Christ par la prière quotidienne, les sacrements, et nos efforts pour suivre son exemple. Cette recherche de la sainteté est le but principal de chaque chrétien, et pas seulement des prêtres, des moines et des religieuses.


Mais notre baptême ne nous engage pas à tendre vers une perfection morale purement individuelle. Le deuxième but de la vie chrétienne que le baptême nous engage et nous permet de poursuivre, c’est d’amener les autres à rejoindre la famille de Dieu. Nous sommes les ambassadeurs du Christ dans le monde ; nous sommes ses apôtres. Etant ses disciples, nous sommes, comme lui, et, comme Isaïe le dit (42, 6), « la lumière des nations ». Par nos paroles, nos actions et notre exemple, chacun de nous est appelé d’attirer les autres à devenir les amis de Jésus.


Aujourd’hui, alors que Jésus nous confirme dans son amitié avec nous au cours de cette Eucharistie, remercions-le de nous unir au Père, et renouvelons notre ardeur à poursuivre la sainteté et l’évangélisation.

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