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Homélies catholiques de la Martinique
les homélies d'un prêtre catholique en paroisse, ayant prêché de nombreuses retraites en foyer de charité

Homélie 2e dimanche de Pâques A 2011 (Fête de la Divine Miséricorde) – Transformés par la Miséricorde de Dieu

dominicanus #Année A (2010 - 2011)

2 paques thomas

 

 

Qu’avons-nous fait pour mériter la résurrection du Christ d’entre les morts ? Saint Pierre nous dit dans la première lecture que dans la Résurrection, nous trouvons « une vivante espérance » et « une joie inexprimable ».

Et c’est vrai. Parce que le Christ est ressuscité des morts, nous pouvons vivre dans l’espérance de vivre avec lui pour toujours au ciel.

Nous pouvons espérer le rassemblement de tous ceux qui ont cru au Christ et qui ont fait un sérieux effort pour le suivre durant leur vie sur la terre, rassemblement qui aura lieu à la fin de l’histoire.

Nous pouvons espérer « l’héritage qui ne connaîtra ni destruction, ni souillure, ni vieillissement ». Chaque fois que nous recevons la Sainte Eucharistie, le sacrement du Corps et du Sang glorifiés du Christ, cela nous rappelle que nous attendons un banquet céleste où seront abolis toute tristesse, toute souffrance, et la vie en plénitude que nous désirons, celle en vue de laquelle nous sommes créés, sera nôtre.

Ce n’est pas un rêve ou un comte de fée. C’est la promesse du Christ ressuscité, Seigneur de la vie et de l’histoire. Cette promesse est pour vous et pour moi, qui sommes ses disciples. Si Jésus n’était pas ressuscité des morts, nous ne pourrions espérer rien de tout cela. Mais il est ressuscité, et nous pouvons espérer tout cela.

Qu’avons-nous fait pour mériter un tel cadeau indescriptible ? Absolument rien. Tout comme les Apôtres, nous nous étions cachés derrière les portes closes de nos craintes, essayant de dissimuler nos péchés. Mais Jésus nous a tant aimés qu’il est entré dans notre vie malgré tout, qu’il a soufflé son Esprit Saint sur nous, et qu’il nous a adoptés comme ses frères et sœurs, pour partager sa propre vie avec nous.

Voilà la « grande miséricorde » de Dieu : nous n’avons rien mérité, et pourtant il nous a tout donné.

 

Ce qui est étonnant au sujet de la miséricorde de Dieu, c’est que, non seulement, nous sommes pardonnés, mais aussi transformés. Une des plus grandes souffrances de cette vie, c’est quand on nous fait du tort. Quand des gens mentent à notre sujet, qu’ils trompent, nous trahissent, cela peut déchirer notre cœur, détruire notre paix, même après réparation des dégâts matériels. Mais la miséricorde contagieuse de Dieu peut remplir même ces expériences les plus sombres de sa lumière rédemptrice.

Sainte Maria Goretti avait à peine vingt ans quand elle fut violemment assaillie par un jeune homme de son village. Quand elle résista à ses avances, il l’a poignardée plusieurs fois avant que des secours n’arrivent. Elle est conduite à la hâte vers l’hôpital, mais les blessures étaient trop nombreuses et trop graves, et elle a perdu lentement tout son sang. Au cours des vingt-quatre heures qui ont suivi, elle perd conscience plusieurs fois, puis elle meurt. Lors de l’un des moments où elle était conscience, cette jeune fille de vingt ans a donné explicitement et spontanément son pardon au jeun homme qui a mis fin à sa vie précocement d’une manière si brutale.

Durant la persécution des Catholiques par la reine Elisabeth en Angleterre, le prêtre et martyr, saint Edmond Campion, est trahi et arrêté. Quand il croupissait dans sa prison, celui qui l’avait trahi lui rend visite. Saint Edmond non seulement lui pardonne, mais l’encourage gentiment à quitter l’Angleterre, où sa propre vie pourrait être en danger. Il lui donne même une lettre de recommandation pour un noble catholique en Allemagne.

Voilà la puissance de la miséricorde de Dieu. Elle peut remplir nos cœurs d’une force et d’une paix surnaturelles, même quand nous sommes suspendus à la croix avec le Christ. Comme le disait un jour sainte Faustine Kowalska : "C’est quand nous pardonnons à notre prochain que nous ressemblons le plus à Dieu."

 

Voilà comment Dieu nous a traités, non pas à cause de nos mérites, mais parce que sa bonté est tellement puissante et débordante qu’il voulait nous faire le plus grand cadeau qu’il puisse nous faire : le partage de sa propre vie divine, une place pour chacun de nous dans sa demeure céleste, une réelle appartenance à sa famille divine pour toujours.

Aujourd’hui, l’Eglise, qui nous rappelle cela, nous invite à laisser déborder notre gratitude tout simplement, comme des enfants. L’Eucharistie est le gage que le Christ nous donne de la gloire qui doit se révéler entre nous. Aujourd’hui, en recevant ce gage dans la Sainte Communion, rendons grâce à Dieu du fond de notre cœur pour sa miséricorde si généreuse. Mais ne disons pas seulement merci en paroles. Si notre Seigneur et notre Dieu nous a traités avec une bonté si débordante, nous donnant plus que ce que nous méritons, nous devons faire la même chose avec ceux qui nous entourent.

Il y a trois manières toutes simples pour le faire, trois manières dont nous pouvons activer la grâce de Dieu pour être de vrais disciples du Christ, nous faisant des messagers de la miséricorde de Dieu.

D’abord nous pouvons pardonner à ceux qui nous offensent, nous font du mal, même si nous pensons qu’ils ne méritent pas notre pardon, exactement comme le fait le Christ, chaque fois que nous allons nous confesser.

Ensuite, nous pouvons faire un cadeau aux autres, leur donner une chance, leur témoigner de la gentillesse, même si nous pensons qu’ils n’ont rien fait pour le mériter, tout comme le Christ le fera pour nous aujourd’hui dans la Sainte Communion.

Enfin, nous pouvons patiemment supporter ceux qui nous énervent avec leurs bêtises, exactement comme le fait le Christ avec chacun de nous à chaque instant de notre vie.

Plus nous ressemblerons au Christ dans sa miséricorde, par la puissance de sa grâce, plus nous pourrons faire l’expérience de « joie inexprimable qui vous transfigure » que le Christ nous a obtenue par sa mort et sa résurrection.

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