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Homélies catholiques de la Martinique
les homélies d'un prêtre catholique en paroisse, ayant prêché de nombreuses retraites en foyer de charité

Homélie 19 T.O.B. 2009 – L’Eucharistie pour un développement durable

dominicanus #Année B (2008-2009)



Dans le passage de ce dimanche, extrait du chapitre 6 de saint Jean, et qui nous rapporte le discours de Jésus sur le pain de vie, se trouvent trois enseignements importants.


D’abord il attire notre attention sur le mystère de la foi, disant :


« Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m'a envoyé ne l'attire vers moi… »


La foi en Jésus nous fournit le seul carburant valable pour un « développement durable », pour la vie éternelle, et pourtant, la foi en Jésus est le don de Dieu, et personne ne peut le produire lui-même, dans sa petite raffinerie privée.


Quand nous regardons la petite hostie blanche, aucun test scientifique ne peut prouver que Jésus Christ est vraiment là, avec son corps, son sang, son âme et sa divinité. Et pourtant nous savons qu’il est là, car nous avons reçu le don de la foi. Voilà pourquoi le prêtre dit, à chaque messe, juste après la consécration :


« Proclamons le mystère de la foi ! »


Le deuxième enseignement est que cette foi en Jésus conduit à la « vie éternelle » (développement durable). Un peu plus loin Jésus dira que la vie éternelle consiste à connaître « le seul véritable Dieu, et celui que [Dieu a] envoyé, Jésus-Christ » (Jn 17, 3).


Dans le langage biblique, « connaître » implique une profonde intimité personnelle, le genre de relation que nous désirons tous au fond de notre cœur. Le fait que nous puissions avoir une telle relation avec Dieu lui-même, lui qui est plus aimable, plus beau qu’aucune autre personne, voilà la Bonne Nouvelle de Jésus Christ. Dieu ne s’est pas contenté de nous aimer, nous qui sommes pécheurs, de loin seulement. Il veut que nous le connaissions pour partager sa vie !


Le troisième enseignement, c’est que Jésus lui-même est le « pain » de cette vie éternelle, sa source et sa nourriture. Sans pain, sans nourriture, la vie physique est impossible. Elle périt. Sans Jésus, sans sa « chair pour la vie du monde » dans l’Eucharistie, notre vie de communion intime avec Dieu périra inévitablement. Ce n’est pas plus compliqué que ça – et c’est capital ! Onze fois dans son enseignement, Jésus nous parle de lui-même comme étant le pain de vie, en espérant que nous aurons compris le message. Le don de la foi nous donne accès à la vie éternelle, et l’Eucharistie fait grandir cette vie dans nos cœurs.


Cela, nous le croyons sur parole, mais cette foi n’est pas aveugle pour autant. Dieu soutient notre foi de multiples manières. Il sait bien que la culture de ce monde déchu – une culture de mort – risque constamment d’éroder notre foi. Dans sa sagesse et selon sa providence, il nous donne des signes, quelquefois spectaculaires, pour « booster » notre foi, pour donner un coup de turbo. L’histoire de l’Eglise est riche en miracles eucharistiques. Nous avons des témoignages d’hosties qui on survécu au feu, d’hosties qui ont saigné durant la Messe, d’hosties qui ont subitement pris l’apparence de chair…


Mais certains signes parmi les plus remarquables que Dieu nous ait donnés concernent la Sainte Communion. Au cours de l’histoire, il y a eu beaucoup de saints, des hommes et des femmes, qui, durant une longue période de leur vie ne se sont nourris que de l’eucharistie, sans manger ni boire quoi que ce soit d’autre, sinon la sainte Communion. Parmi eux sainte Catherine de Sienne et la bienheureuse Alexandrine da Costa, du Portugal. Un des exemples les plus étonnants fut saint Nicolas de Flüe, qui vécut en Suisse au 15° siècle comme ermite pendant 19 années et qui durant ce temps n’a mangé ni bu autre chose que la Communion quotidienne. Même s’il essayait de manger autre chose, par obéissance, il ne pouvait pas l’avaler. Chez Marthe Robin, la mystique de Châteauneuf-de-Galaure, ce même phénomène a duré 50 ans, et elle ne pouvait communier qu’une fois par semaine !


Notre Seigneur a expliqué lui-même à la bienheureuse Alexandrine la raison pour laquelle il accorde cette grâce à certains :


« Tu ne vis que de l’Eucharistie, lui dit-il, parce que je veux montrer au monde entier la puissance de l’Eucharistie et la puissance de ma vie dans les âmes. »


Le Christ est la plénitude de la vie et la raison de vivre dont nous avons tous besoin, et l’Eucharistie est la présence réelle du Christ. Voilà donc ce que la foi nous enseigne.


Benoît XVI l’exprime de la manière suivante :


« Dans le Sacrement de l'autel, le Seigneur vient à la rencontre de l'homme, créé à l'image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 27), se faisant son compagnon de route. En effet, dans ce Sacrement, le Seigneur se fait nourriture pour l'homme assoiffé de vérité et de liberté. Puisque seule la vérité peut nous rendre vraiment libres (cf. Jn 8, 36), le Christ se fait pour nous nourriture de Vérité. » (Sacramentum caritatis 2)


Nous croyons tous en l’Eucharistie. Nous avons tous reçu le don de la foi, et le Père nous a attires à Jésus dans le Très Saint Sacrement. Mais nous devons sans cesse renouveler cette foi.


Si quelqu’un nous filmait un dimanche matin en caméra cachée, ce film serait-il une preuve suffisante pour une cour de justice afin de conclure que nous croyons vraiment à l’Eucharistie ? En entrant dans une église, ou en sortant, parce que nous sommes en la présence de Jésus dans l’Eucharistie, faisons-nous la génuflexion, et comment la faisons-nous ? Comment faisons-nous le signe de la croix ? Durant la Prière Eucharistique, entre la procession des dons et le Notre Père, faisons-nous vraiment attention aux paroles que prononce le prêtre ? La beauté et le sens de ces paroles déterminent la manière dont nous recevrons la Sainte Communion, si seulement nous le voulons bien. Et que dire de la manière dont nous nous approchons de la table eucharistique et notre manière dont nous regagnons nos places ? Ceux qui regarderaient cette vidéo tournée en caméra cachée pourraient-ils voir que nous croyons vraiment et profondément en Jésus présent dans l’Eucharistie comme notre nourriture et notre salut ?


Et ensuite, durant la semaine, combien de fois faisons-nous l’effort pour aller visiter Jésus dans le tabernacle, ne fût-ce que pour le remercier de tout ses bienfaits, et aussi pour lui parler de nos besoins, de nos soucis et de ceux que nous aimons ? Lui est toujours là à nous attendre avec amour.


Aujourd’hui réactivons notre foi, pour que, en poursuivant cette Eucharistie à laquelle le Père nous a attirés, nous donnions au Seigneur la possibilité de nous fortifier pour cette vie éternelle pour laquelle il est mort afin de pouvoir nous la donner.

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